La mise à pied conservatoire du salarié n’est pas obligatoire en cas de licenciement pour faute grave

Avr 11, 2022Droit social

Le licenciement pour faute grave d’un salarié implique une réaction immédiate de l’employeur, qui doit engager la procédure de licenciement dans un délai restreint, dès lors qu’il a connaissance des fautes et qu’aucune vérification n’est nécessaire (Cass. soc., 24 novembre 2010, no 09-40.928).

La mise à pied conservatoire du salarié n’est justifiée que dans la mesure où le salarié commet une faute rendant cette mise à pied indispensable (article L 1332-3 du Code du travail).

Ainsi, seule la faute grave ou lourde du salarié peut justifier une telle mesure (Cass. soc. 27 septembre 2007, n° 06-43867).

Pour autant, la Cour de cassation vient de rappeler que la mise à pied conservatoire n’est pas obligatoire en cas de licenciement pour faute grave.

Dans cette affaire, le salarié chef d’équipe a été convoqué le 27 octobre 2016 à un entretien préalable à son licenciement pour motif disciplinaire, puis licencié pour faute grave le 14 novembre suivant.

Il lui était reproché différents faits dont notamment un comportement véhément, agressif et menaçant à l’égard de son supérieur hiérarchique le 19 octobre 2016.

Le licenciement pour faute grave du salarié a été requalifié en licenciement pour cause réelle et sérieuse par la cour d’appel au motif que le salarié avait continué à travailler sans mise à pied conservatoire avant d’être licencié.

Cependant, dans sa décision du 9 février 2022, la Cour de cassation a censuré la cour d’appel en relevant que l’employeur n’est aucunement tenu de procéder à une mise à pied conservatoire avant d’engager une procédure disciplinaire.

La Cour de cassation rappelle donc que la mise à pied conservatoire reste une mesure facultative pour justifier un licenciement pour faute grave.

Cass. soc. 9 février 2022, n° 20-17140

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